Les petites commerçantes transfrontalières appelées à dénoncer tous cas des VBG aux frontières.

Published on Friday 08 May 2026 - 22:36

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Les femmes petites commerçantes transfrontalières de la ville et du territoire d’Uvira, réunies au sein des plateformes des associations de Luvungi, Sange, Kiliba et Uvira, sont appelées à dénoncer tout cas suspect de violences basées sur le genre dont elles peuvent être victimes aux postes frontaliers.

Cet appel a été lancé ce vendredi 8 mai 2026 par Madame Mecene Mujinga, experte en développement social au sein du Projet de Facilitation du Commerce dans la région des Grands Lacs (PFCIGL), en marge d’une journée de partage consacrée à l’autonomisation durable des femmes petites commerçantes transfrontalières (PCT) et des femmes œuvrant dans les services aux frontières.

Selon Mecene Mujinga, les petites commerçantes transfrontalières doivent devenir des femmes autonomes, dotées de compétences financières, capables de subvenir à leurs besoins et de prendre en charge les responsabilités familiales, en appui à leurs époux. Pour elle, le gouvernement congolais, à travers le PFCIGL, ambitionne d’accompagner les femmes vers plus d’indépendance et de dignité.

Elle a précisé qu’être une femme petite commerçante transfrontalière implique notamment l’accès aux ressources, l’égalité de genre, la connaissance de ses droits et devoirs, la détention de documents migratoires en règle, ainsi que le respect des normes établies dans le cadre du Régime Commercial Simplifié (RECOS) du COMESA. Ces éléments sont essentiels pour éviter les tentations de certains agents des services douaniers pouvant conduire à des violences basées sur le genre, notamment lorsque les femmes ne sont pas suffisamment autonomes économiquement ou traversent la frontière sans documents requis.

Mecene Mujinga a ainsi encouragé les commerçantes à dénoncer les cas de violences émotionnelles, sexuelles et physiques auprès des mécanismes de gestion des plaintes, des bureaux d’information commerciale aux frontières ou encore des cliniques juridiques mises en place avec des numéros verts.

Au cours de cette rencontre, les participantes ont partagé les réalités auxquelles elles font face au quotidien, notamment aux postes frontaliers de Kavinvira et de Gatumba. Elles ont évoqué plusieurs défis liés aux services douaniers et administratifs.
Dalida Bernadette, présidente de la plateforme des associations des petits commerçants transfrontaliers de Luvungi, a dénoncé le non-respect dont sont victimes les commerçants de la part de certains agents aux frontières. 

Elle a notamment cité des cas de marchandises confisquées par certains services, dont l’Office Congolais de Contrôle (OCC), ou encore jetées au sol par SQAV, alors qu’elles figurent pourtant sur la liste des produits autorisés dans le cadre du RECOS du COMESA. Elle a également soulevé la problématique des reçus exigés par certains agents de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), qui conditionneraient leur délivrance à l’achat de grandes quantités de marchandises, une exigence difficile à satisfaire pour les petits commerçants.

À cela s’ajoutent les longues files d’attente pour l’obtention des documents migratoires, notamment les visas auprès de la Direction Générale de Migration (DGM). Selon elle, ces lenteurs administratives entraînent souvent la détérioration des marchandises périssables, les commerçantes étant contraintes de patienter pendant de longues heures.
Face à ces défis, Dalida Bernadette a plaidé pour l’amélioration des conditions de travail aux frontières afin de faciliter les activités des petits commerçants transfrontaliers. 

Elle a également proposé que ce type de rencontre soit organisé régulièrement, afin de permettre aux commerçants d’exprimer leurs préoccupations et de dialoguer avec les services concernés. Les différentes préoccupations soulevées ont reçu des réponses jugées favorables de la part des femmes représentant les services aux frontières, notamment la DGDA, l’OCC, la DGM, la Police nationale, ainsi que d’autres structures impliquées.

De son côté, Madame Labii Kudura, experte en commerce au sein du PFCIGL, a présenté les droits et devoirs des petits commerçants transfrontaliers ainsi que ceux des agents publics, conformément à la charte du COMESA. Pour la Ministre provinciale des Finances et du Commerce au Sud-Kivu, Madame Césarine Cinyerecinja, le gouvernement provincial entend renforcer la protection des petits commerçants à travers leur identification par des badges. Cette mesure vise à sécuriser leurs activités et à éviter les tracasseries lors des traversées frontalières.

Enfin, un représentant du maire de la ville d’Uvira ad intérim a pris part à cette activité. Il a salué l’initiative et encouragé les femmes commerçantes à saisir cette opportunité pour renforcer leur autonomie et contribuer à la lutte contre les violences basées sur le genre. Cette rencontre marque ainsi une étape importante dans la promotion des droits, de la sécurité et de l’autonomisation des femmes petites commerçantes transfrontalières dans la ville et territoire d’Uvira au Sud-Kivu. 

La Rédaction d'AVERTICOM.


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