Les populations de Sange et Luvungi réclament une mission urgente d’évaluation sécuritaire pour relancer les travaux des postes frontaliers de Nyamoma et Rubenga.
Published on Tuesday 19 May 2026 - 08:54
Les populations de Sange et Luvungi, dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu, montent au créneau après la résiliation du contrat de construction des postes frontaliers de Nyamoma et Rubenga. Dans un mémorandum rendu public par la Synergie des sociétés civiles d'Uvira le 18 mai 2026, elles demandent au gouvernement congolais et à la Banque mondiale d’envoyer en urgence une mission d’évaluation sur terrain afin de constater la situation sécuritaire réelle dans la zone et permettre la reprise des travaux.
Cette réaction intervient quelques jours après une correspondance datée du 11 mai 2026, dans laquelle le coordonnateur du Projet PFCIGL annonce à l’entreprise SAGEC-KAT la résiliation du contrat de construction, invoquant la situation sécuritaire à Sange et Luvungi. Une décision qui provoque une vague d’indignation dans la région.
Des acteurs de la société civile, des leaders communautaires ainsi qu’un député national élu d’Uvira dénoncent une mesure qu’ils jugent précipitée et contraire aux attentes de la population locale. Dans leur mémorandum adressé notamment au président de la République, au gouvernement national, au ministère du Commerce extérieur, à l’Unité de gestion du projet PFCIGL et à la Banque mondiale, les populations locales estiment que la reprise des projets de développement doit accompagner les efforts de restauration de la paix dans la région.
Les signataires rappellent que les travaux de construction des postes frontaliers de Nyamoma et Rubenga avaient été officiellement lancés le 4 décembre 2025 avec l’appui financier de la Banque mondiale. Selon les informations recueillies lors du lancement, ces projets devaient générer plus de 1 800 emplois directs, notamment en faveur des jeunes et des femmes de Sange, Luvungi et des localités environnantes. Pour les populations, ces infrastructures représentent bien plus que de simples postes administratifs. Elles constituent, selon le mémorandum, un symbole du retour de l’autorité de l’État, un instrument de consolidation de la paix durable et un moteur de relance économique pour tout le territoire d’Uvira.
Parmi les principales propositions formulées dans le document figure l’envoi urgent d’une mission d’évaluation indépendante sur terrain. Les habitants demandent aux autorités nationales et à la Banque mondiale de venir constater la situation sécuritaire actuelle dans les zones concernées, estimant que les conditions ont évolué depuis le retrait progressif des rebelles du M23 de plusieurs entités du territoire d’Uvira.
« Une mission d’évaluation sur terrain permettrait d’établir la vérité sur la situation sécuritaire réelle à Sange et Luvungi », soutiennent les auteurs du mémorandum, qui réclament également une communication officielle et transparente sur les véritables raisons ayant motivé la résiliation du contrat. Les populations demandent aussi à la Banque mondiale, en tant que bailleur de fonds, de maintenir son accompagnement financier et de réexaminer cette décision qu’elles considèrent comme un risque pour les efforts de stabilisation et de développement dans une région marquée par plus de trois décennies de conflits armés.
Le mémorandum appelle en outre le ministère du Commerce extérieur et l’Unité de gestion du PFCIGL à revoir urgemment la décision de résiliation et à privilégier l’intérêt des populations locales. Les autorités provinciales du Sud-Kivu sont également invitées à faciliter la reprise rapide des travaux. Dans le territoire, plusieurs voix s’élèvent déjà pour exiger des explications. Un député national élu d’Uvira réclame notamment toute la lumière sur ce dossier et insiste sur la poursuite des travaux, estimant que suspendre ces projets risque d’aggraver davantage le chômage des jeunes et la précarité sociale dans la plaine de la Ruzizi.
Pour les habitants de Sange et Luvungi, la paix durable ne peut être consolidée sans développement ni création d’emplois. Après des années d’insécurité, ils espèrent que le retour progressif de la stabilité se traduira aussi par des investissements visibles et des projets capables de redonner espoir à la population.
La Rédaction d'AVERTICOM
Photos: Kivu Globe.
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