Crise humanitaire alarmante : des réfugiés congolais contraints à des retours périlleux depuis le Burundi vers Uvira.
Published on Tuesday 06 January 2026 - 11:43
La vie devient de plus en plus difficile pour les réfugiés congolais installés dans les camps et au sein des familles d’accueil au Burundi. Face à des conditions de refuge jugées intenables, on observe depuis plusieurs semaines un retour conditionné et dangereux de certains habitants de la ville d’Uvira et des entités environnantes, ayant fui les affrontements armés entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23.
Selon les constats réalisés par AVERTICOM lundi 5 janvier 2026, plusieurs réfugiés traversent la rivière Rusizi dans des conditions extrêmement précaires, utilisant des bidons et des bassins de fortune comme moyens de flottaison. Des femmes et des enfants figurent parmi les personnes contraintes d’emprunter ce passage frontalier informel, au mépris de leur dignité et de leur sécurité.
La traversée se fait dans une zone connue pour la présence d’hippopotames, animaux particulièrement dangereux, même si aucun dégât humain n’a encore été officiellement signalé à ce stade. Ce passage relie notamment les zones de Cibitoke et Rugombo au Burundi, à celles de Sange et Luvungi, en territoire d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu en RDC.
Malgré les risques évidents, ce chemin est aujourd’hui emprunté par de nombreuses familles désespérées cherchant à regagner leurs domiciles après un refuge qualifié de défavorable. À Cibitoke, des témoignages recueillis indiquent que les Congolais doivent payer entre 100 000 et 150 000 francs burundais par personne pour traverser la frontière de manière clandestine.
Un autre itinéraire tout aussi risqué est observé sur le lac Tanganyika, du côté de Kanyosha et Nyabugette, où des pêcheurs transportent des réfugiés vers Kilomoni, en ville d’Uvira, contre une somme avoisinant 150 000 francs burundais par tête.
Par ailleurs, dans la province de Rumonge, certains réfugiés congolais empruntent des navires de transport maritime pour rejoindre la ville de Baraka, toujours dans des conditions de grande précarité et à des coûts élevés. La situation humanitaire dans les camps de réfugiés congolais au Burundi est décrite comme catastrophique.
AVERTICOM documente un manque criant d’accès à la nourriture, aux soins médicaux, aux toilettes, ainsi qu’à l’eau potable. Des cas de décès et de violences sont également signalés, aggravant davantage la vulnérabilité de populations déjà traumatisées par la guerre.
Face à cette urgence humanitaire, AVERTICOM appelle les autorités nationales, les organisations humanitaires internationales et les partenaires techniques et financiers à une mobilisation immédiate afin de garantir la protection des réfugiés congolais, améliorer leurs conditions de vie et prévenir des retours forcés mettant en danger des vies humaines.
La Rédaction AVERTICOM.
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