Les enquêtes se poursuivent sur les corps décapités, la Police évoque la piste de suspects étrangers
Published on Wednesday 29 July 2026 - 17:14
Les enquêtes sur les corps sans vie retrouvés décapités dans la ville d'Uvira se poursuivent. Les services de sécurité affirment avoir déjà identifié plusieurs présumés auteurs, tandis que la Police annonce collaborer avec les autorités d'un pays voisin pour retrouver certains suspects qui auraient pris la fuite.
Le Commissaire supérieur Lwimbo Ondokya Simone, commandant urbain de la Police nationale congolaise (PNC) à Uvira, a indiqué dans une interview à la presse mardi 28 juillet 2026 que plusieurs arrestations ont déjà été opérées et que les investigations se poursuivent.
« Au cas des corps sans vie décapités, les enquêtes sont en cours. Il y a des présumés assassins identifiés comme des sujets étrangers qui ont pris fuite. Nous travaillons en étroite collaboration avec la Police du pays voisin pour retrouver ceux qui ont fui. Il y a des arrestations effectuées par la Police et les enquêtes se poursuivent. Au moment opportun, lors d'un Conseil de sécurité élargi, nous présenterons au public le bilan de la situation sécuritaire d'Uvira depuis le retrait des rebelles jusqu'à ce jour », a déclaré sur AVERTICOM le commandant de la PNC.
Sans citer le nom du pays concerné, le responsable de la Police a affirmé que certains des corps retrouvés ont été identifiés par la Police technique et scientifique comme appartenant à des ressortissants burundais. Les premiers éléments de l'enquête orienteraient également les enquêteurs vers des auteurs présumés étrangers ayant déjà fui vers leur pays d'origine.
Ces déclarations alimentent plusieurs analyses au sein de la population. Des observateurs interrogés à Uvira estiment que les victimes seraient majoritairement des sujets burundais. Ils fondent cette hypothèse sur le fait qu'aucune famille de la ville n'a, jusqu'à présent, signalé la disparition d'un proche correspondant aux victimes retrouvées ni organisé des cérémonies de deuil en lien avec ces corps.
Les mêmes observateurs estiment également que le « pays voisin » évoqué par le commandant de la Police pourrait être le Burundi. Ils précisent toutefois qu'il s'agit de leur interprétation des déclarations officielles et non d'une confirmation des autorités.
Selon eux, les actes de décapitation observés ces derniers mois sont inhabituels dans la ville d'Uvira. Ils considèrent que, malgré les problèmes d'insécurité et la criminalité auxquels la ville est confrontée, ce mode opératoire ne correspond pas aux pratiques criminelles généralement observées localement.
Les observateurs attirent par ailleurs l'attention sur les défis sécuritaires liés à la mobilité transfrontalière. Ils soulignent qu'actuellement, les mouvements de population entre Uvira et le Burundi sont particulièrement importants, notamment à travers la frontière de Kavimvira-Gatumba, où les entrées et sorties quotidiennes sont nombreuses.
Ils évoquent également la présence dans la ville de nouveaux arrivants dont l'identité n'est pas toujours connue des autorités locales. Selon ces observateurs, plusieurs ressortissants burundais vivant à Uvira ne disposeraient pas de documents de séjour. Ils exerceraient diverses activités, notamment comme conducteurs de motos-taxis, de tricycles (bajaj), de vélos-taxis ou encore comme maçons.
Aucune autorité n'a toutefois établi, à ce stade des enquêtes, un lien entre cette présence de travailleurs étrangers et les crimes faisant l'objet des investigations. Les enquêtes se poursuivent afin d'établir les responsabilités sur la base d'éléments matériels et de preuves.
Les autorités invitent enfin la population à continuer de collaborer avec les services de sécurité en dénonçant tout comportement suspect, tout en évitant la stigmatisation de personnes ou de communautés en raison de leur nationalité.
La Rédaction d'AVERTICOM.
