Les radios locales réduites au silence sur l’actualité politique et sécuritaire.

Published on Thursday 15 January 2026 - 11:38

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Depuis la prise de la ville d’Uvira, le 10 décembre 2025, les radios émettant dans la ville et le territoire d’Uvira ont considérablement réduit leurs programmes d’information, notamment les éditions du journal parlé en français et en swahili ainsi que les débats politiques. Ce constat ressort d’une enquête menée par l’agence de communication AVERTICOM.

Ouverte le 27 décembre 2025 et clôturée le 10 janvier 2026, cette enquête révèle que la quasi-totalité des radios locales ont suspendu la diffusion des journaux d’information, invoquant des raisons liées à l’autoprotection dans un contexte sécuritaire jugé sensible. Cette situation concerne aussi bien les radios urbaines que rurales.

Parmi les médias concernés figurent notamment la Radio Le Messager du Peuple, la RTNC/Uvira, Radio Référence Congo FM, Radio Notre-Dame de Tanganyika, Radio Télévision Lukula, Radio Nguvu za Uvira, Radio Ondes de Kiliba, Radio Rurale de Sange, Radio Mutula de Luvungi, Radio Umoja de Luvungi ainsi que Radio Faraja de Sange, pour ne citer que celles-là.
Au début de l’année 2026, certaines radios ont timidement repris la diffusion des journaux parlés. 

Toutefois, ces éditions restent limitées et n’abordent pas les sujets politiques, sociaux ou sécuritaires. Les rares médias qui maintiennent des journaux se concentrent principalement sur des thématiques sportives, religieuses, artistiques, culturelles ou humanitaires.
Selon plusieurs journalistes, chefs de programmes et directeurs de radios contactés par AVERTICOM, cette retenue éditoriale s’explique par l’attente de directives des autorités occupant actuellement la ville, avant toute relance des journaux d’information et des débats politiques. 

D’autres responsables de médias évoquent des raisons d’autoprotection, craignant que le respect strict des règles déontologiques du journalisme n’expose les professionnels des médias à des menaces, voire à des représailles. Cette situation a des répercussions directes sur l’accès à l’information pour la population locale. 

Depuis l’occupation de la ville pale l'AFCM23, la liberté d’informer et d’être informé est fortement restreinte. Les habitants d’Uvira se tournent désormais vers les réseaux sociaux ainsi que vers les radios nationales et internationales pour s’informer sur l’évolution de la situation. De leur côté, les médias en ligne tentent de couvrir l’actualité dans son ensemble, notamment ceux opérés par des journalistes se trouvant en dehors de la zone. 

Cependant, les médias numériques basés à Uvira concentrent actuellement leur couverture sur les questions humanitaires, laissant en marge les enjeux politiques et sécuritaires. Ce climat médiatique illustre les défis majeurs auxquels font face les journalistes et les organes de presse locaux dans un contexte de crise sécuritaire prolongée, où l’exercice du journalisme demeure étroitement lié aux impératifs de sécurité.

Kefa Karago Placide.


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