« On détient une arme pour protéger la population et ses biens, et non pour tirer sur elle », dénonce l’évêque Sébastien Muyengo.

Published on Monday 09 February 2026 - 08:55

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Face à la détérioration continue de la situation sécuritaire dans la ville et le territoire d’Uvira, l’évêque du diocèse d’Uvira, Monseigneur Sébastien-Joseph Muyengo Mulombe, est monté au créneau. 

Dans une dépeche publiée par la Radio Notre dame de Tanganyika et dont AVERTICOM a exploité, Il a lancé un appel pressant aux autorités civiles et militaires pour une implication urgente en vue de mettre fin aux meurtres, viols, vols nocturnes et autres formes d’insécurité qui frappent la population depuis plusieurs semaines.

Selon la RNDT News, le prélat catholique s’est exprimé ce dimanche 8 février 2026 lors d’une messe d’ordination diaconale, célébrée à la place Saint-Pierre de la paroisse cathédrale Saint-Paul d’Uvira, en présence du gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, des autorités militaires et de nombreux fidèles.

Dans son homélie, ajoute la même source, Monseigneur Muyengo a fermement condamné les crimes graves enregistrés à Uvira depuis le mois de décembre 2025, notamment les meurtres, viols, arrestations arbitraires et enlèvements, dans un contexte post-conflit marqué par la prise de la ville par les rebelles du M23/AFC, leur retrait, puis le retour des FARDC et des Wazalendo.

Il a rappelé que plusieurs vies ont été perdues, parfois dans des circonstances dramatiques, certaines victimes ayant péri dans la rivière Ruzizi alors qu’elles tentaient de fuir l’insécurité vers le Burundi. 

Ces derniers jours, a-t-il souligné, la situation s’est davantage aggravée avec la multiplication des attaques nocturnes dans plusieurs quartiers de la ville. Des civils sont tués par des hommes armés non identifiés, parfois vêtus d’uniformes militaires, simplement pour avoir refusé de remettre leur téléphone.
« Nous sommes profondément traumatisés. La population vit dans une peur permanente. Nous voulons une Uvira stable et pacifique, une Uvira sans tueries, sans viols, sans vols ni autres formes d’insécurité », a martelé l’évêque devant l’assemblée.

Monseigneur Muyengo a également déploré l’absence de nombreux fidèles, contraints de se réfugier à l’étranger ou dans d’autres provinces du pays à cause de l’insécurité persistante. Il a exhorté les autorités à créer les conditions favorables au retour des déplacés et réfugiés, notamment ceux qui se trouvent au Burundi.
Dans un message sans équivoque adressé aux forces armées et de sécurité, le prélat a rappelé leur mission régalienne :
« On détient une arme pour protéger la population et ses biens, et non pour tirer sur elle. »

Sur le terrain, les faits continuent de susciter l’indignation. Parmi les victimes récentes figure Walasa Musombwa Wenceslas, agent de l’économat général du diocèse d’Uvira. Il a été abattu à bout portant dans la nuit du 5 février 2026, à quelques mètres de son domicile au quartier Nyamianda, dans la commune de Kalundu, après avoir refusé de remettre son téléphone à des assaillants armés, selon des témoignages recueillis sur place.

Par ailleurs, des maisons sont régulièrement visitées la nuit dans plusieurs quartiers d’Uvira par des individus armés et en uniforme, parfois accompagnés de femmes, notamment au quartier Kabindula, rapportent des victimes. Des biens sont emportés, des blessés enregistrés, tandis que des alertes de détresse sont fréquemment diffusées dans des groupes WhatsApp, appelant à une intervention urgente des autorités.

Dans ce climat de peur généralisée, l’appel de l’évêque d’Uvira résonne comme un cri d’alarme, invitant l’État à assumer pleinement sa responsabilité de garantir la sécurité et la protection des citoyens.

La Rédaction d'AVERTICOM.


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