Sud-Kivu : Un tract menaçant interdit la circulation sur la RN5 Uvira–Kamanyola.
Published on Tuesday 13 January 2026 - 09:21
Un tract largement partagé sur les réseaux sociaux et attribué aux généraux autoproclamés Makanaki, Kamama et Fyeka Aduwi circule depuis dimanche 11 janvier 2026, suscitant une vive inquiétude au sein des populations du Sud-Kivu.
Intercepté par la rédaction d’AVERTICOM ce mardi 13 janvier 2026, ce message rédigé en swahili et titré « Stop stop kwa njia ya RN5 Uvira mpaka Bukavu » annonce une interdiction formelle de circulation des personnes et de leurs biens sur la Route Nationale n°5 (RN5), précisément sur l’axe Uvira–Kamanyola.
Dans ce tract, les auteurs affirment qu’à partir du dimanche 11 janvier 2026, ils ont lancé ce qu’ils qualifient de « chasse aux véhicules du M23 » sur cet axe routier stratégique. Ils avertissent que tout véhicule empruntant la RN5 Uvira–Kamanyola sera considéré comme appartenant au M23 et sera attaqué, sans distinction.
Le message appelle explicitement les agences de voyage, les commerçants ainsi que les passagers effectuant les trajets Uvira–Bukavu et Bukavu–Uvira à suspendre toute circulation sur ce tronçon, sous peine de pertes en vies humaines et de destruction des véhicules. Face à cette menace, le mouvement citoyen Machozi ya Raiya a réagi par une communication diffusée sur les réseaux sociaux, condamnant fermement ce tract qu’il qualifie d’intimidation illégale.
Le mouvement estime que ce message viole gravement la liberté de circulation, pourtant garantie par la loi. Son coordonnateur appelle les Wazalendo à reconsidérer leur position, soulignant que de telles décisions font peser un lourd fardeau sur une population déjà éprouvée. Il rappelle que la ville d’Uvira est pratiquement enclavée, plusieurs axes de communication étant déjà fermés ou impraticables, notamment Uvira–Baraka, Uvira–Kalemie, Uvira–Tanzanie et Uvira–Bujumbura.
Selon lui, fermer l’axe Uvira–Bukavu–Goma reviendrait à condamner la population à la famine. Ce tract, au-delà de son caractère menaçant, montre une dérive inquiétante : la prise en otage de la population civile par des acteurs armés qui prétendent agir au nom de la sécurité. Assimiler indistinctement tout usager de la RN5 à l’ennemi revient à nier la réalité quotidienne des habitants, des commerçants et des malades qui dépendent de cet axe vital pour survivre.
Dans un contexte où Uvira est déjà asphyxiée économiquement et socialement, toute nouvelle entrave à la libre circulation accentue la souffrance des populations et risque d’aggraver une crise humanitaire silencieuse. Il est urgent que les autorités compétentes rétablissent leur autorité sur les axes routiers et garantissent la protection des civils, conformément aux lois de la République.
La Rédaction d’AVERTICOM.
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