Sud-Kivu : une motion de censure déposée contre le gouverneur Purusi malgré les mises en garde de Kinshasa.

Published on Wednesday 22 April 2026 - 08:40

Si vous avez aimé cet article, merci de le partager avec vos proches responsables.
Facebook share link Email share link LinkedIn share link Twitter share link Twitter share link Twitter share link Twitter share link

...

Une correspondance officielle consultée par AVERTICOM révèle un tournant politique majeur au Sud-Kivu. Dans une lettre datée du 21 avril 2026, le député provincial Karume Bahige Jean annonce le dépôt d’une motion de censure contre le gouverneur de province, Jean-Jacques Purusi Sadiki.

Adressée au président du Bureau définitif de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu siégeant à Uvira, la correspondance indique que cette démarche s’inscrit dans le respect des dispositions constitutionnelles ainsi que des lois régissant la libre administration des provinces en République démocratique du Congo. 

Le document évoque notamment les articles pertinents de la loi organique sur les provinces et du règlement intérieur de l’Assemblée provinciale. Si les raisons officielles de cette motion ne sont pas détaillées dans la lettre, plusieurs analystes politiques locaux avancent des motivations plus profondes. Selon eux, cette initiative intervient dans un contexte de fortes tensions financières entre les institutions provinciales et le pouvoir central.

Des sources concordantes évoquent notamment plus de dix mois d’arriérés de rémunérations pour les députés provinciaux. Une situation qui fragilise leur fonctionnement et alimente un climat de frustration au sein de l’organe délibérant. Certains observateurs estiment ainsi que cette motion pourrait également être un levier de pression politique et financière, visant à débloquer des ressources ou à recomposer les équilibres au sommet de l’exécutif provincial.

Ce développement politique intervient pourtant en dépit d’une mise en garde claire émanant du gouvernement central. Le 3 avril 2026, le Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a signé un message officiel adressé aux gouverneurs et aux bureaux des assemblées provinciales. Dans cette correspondance, il rappelle les instructions du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, formulées lors de la conférence des gouverneurs tenue à Bandundu-ville du 24 au 27 mars 2026. 

Le point central du message est sans ambiguïté : « la stabilité des institutions provinciales demeure non négociable ». Le Vice-Premier Ministre insiste ainsi sur l’interdiction formelle de toute initiative susceptible de fragiliser les exécutifs provinciaux, notamment les motions de censure et les pétitions. Une position qui place la démarche entreprise au Sud-Kivu dans une zone de tension directe avec les orientations du pouvoir central.

Cette motion de censure place désormais le gouvernement dirigé par Jean-Jacques Purusi dans une position délicate. Si elle est jugée recevable et inscrite à l’ordre du jour, elle pourrait déboucher sur un débat houleux au sein de l’Assemblée provinciale, voire sur la destitution du gouverneur en cas de vote favorable. Dans un contexte déjà marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux importants dans la province du Sud-Kivu, cette crise politique naissante risque d’accentuer l’instabilité institutionnelle.

La suite dépendra de la réaction du Bureau de l’Assemblée provinciale ainsi que de la capacité des différentes parties à mobiliser des soutiens. Entre enjeux de gouvernance, revendications financières et rivalités politiques, cette motion de censure pourrait ouvrir un nouveau chapitre de tensions entre Kinshasa et les institutions provinciales.

La Rédaction d'AVERTICOM.


Merci de laisser un commentaire