Uvira : départ massif des familles Banyamulenge, la communauté dénonce une « déportation forcée »
Published on Sunday 18 January 2026 - 15:24
Un mouvement inhabituel de populations est observé depuis la nuit du samedi 17 au dimanche 18 janvier 2026 dans plusieurs quartiers de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Des familles issues de la communauté Banyamulenge quittent progressivement leurs lieux de résidence, suscitant inquiétudes et interrogations au sein de la population locale.
Kabindula, Kashekebwe, Nyamianda, Songo et Kilibula, connus comme des milieux de prédilection des familles Banyamulenge en ville d’Uvira, enregistrent depuis plusieurs heures des départs en cascade. Bajajis, motos, taxis et bus ont été aperçus transportant femmes, enfants et personnes âgées en direction de la plaine de la Ruzizi, dans le territoire d’Uvira.
Selon plusieurs sources concordantes contactées par AVERTICOM, ces déplacements seraient motivés par la crainte de violences imminentes, dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu après le retrait officiel des éléments de l’AFC/M23 et des militaires rwandais de la ville d’Uvira. Des rumeurs persistantes évoquent la prochaine entrée des groupes d’autodéfense Wazalendo, des Forces armées de la RDC (FARDC) et des militaires burundais, une situation qui alimente la peur au sein de certaines communautés.
Des sources locales affirment qu’une réunion aurait été organisée samedi par certains cadres de l’AFC/M23, au cours de laquelle les Banyamulenge auraient été « sensibilisés » à quitter la ville avant l’arrivée des nouvelles forces, par crainte de représailles ou de massacres ciblés. Des informations qui restent difficiles à vérifier de manière indépendante.
Dans ce climat de tension, le Banyamulenge Mutuality–Ubumwe (BM-U), une organisation regroupant des membres de la communauté Banyamulenge vivant aux États-Unis, a adressé une lettre au président américain Donald Trump, présenté comme médiateur entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Une copie de cette correspondance est parvenue à la rédaction d’AVERTICOM.
Dans cette lettre datée du 17 janvier 2026, la BM-U condamne avec vigueur ce qu’elle qualifie de « déportation forcée » de la communauté Banyamulenge d’Uvira vers le Rwanda. L’organisation accuse le Rwanda, à travers le FPR, d’orchestrer une évacuation présentée comme une mesure de protection, mais qui cacherait, selon elle, une stratégie de déportation voire de génocide.
La lettre affirme notamment que des émissaires rwandais auraient réuni les Banyamulenge à l’église méthodiste de Nyamianda à Uvira et leur auraient donné un ultimatum pour quitter le territoire d’Uvira le 18 janvier 2026 à 10 heures, sous prétexte qu’ils seraient ciblés par les Wazalendo et l’armée burundaise.
Le Banyamulenge Mutuality–Ubumwe appelle la présidence américaine et la communauté internationale à prendre des mesures urgentes afin de protéger les Banyamulenge d’Uvira, de Minembwe et d’autres zones affectées par le conflit. La lettre a également été transmise, en copie, aux présidents de la République démocratique du Congo et du Burundi.
Sur le terrain, les autorités locales ne se sont pas encore officiellement exprimées sur ces mouvements de population, tandis que des organisations de la société civile appellent au calme, à la retenue et à la protection de tous les civils sans distinction communautaire.
Alors que la situation sécuritaire demeure volatile à Uvira, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une enquête indépendante sur ces déplacements et prévenir toute escalade de violences dans une région déjà meurtrie par des décennies de conflits armés.
La Rédaction d’AVERTICOM.
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