Démolition des maisons sous l'emprise de la RN5 à Uvira : entre justice et indignation.

Published on Tuesday 06 August 2024 - 12:15

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Les maisons situées sous l'emprise de la route nationale Nº5 dans l'espace Mulongwe, côté pont Mulongwe, ont été officiellement démolies ce lundi matin 5 août 2024.

Cette opération, menée par le comité urbain de sécurité d'Uvira sur instruction du gouverneur de la province du Sud-Kivu, a mobilisé les autorités locales, notamment le maire de la ville, le commandant de la police et les FARDC. 

Une foule immense s'est rassemblée pour observer la démolition et constater la transformation de ces habitations en tas de sable. Cette action survient après l'expiration de l'ultimatum de trois jours donné aux propriétaires et locataires de ces maisons par le comité urbain de sécurité d'Uvira. 

L'ultimatum avait été émis le vendredi précédent, mettant ainsi fin à une longue période de controverses sur la légalité de ces habitations. Kiza Muhato, maire de la ville d'Uvira, affirme que le sol et le sous-sol appartiennent à l'État congolais.

Selon lui, ces parcelles avaient été illégalement accaparées durant la période du RCD, les propriétaires ayant profité

du chaos de l'époque pour s'approprier les terrains. 

Certains observateurs présents lors de la démolition se sont félicités de cette initiative, considérant qu'une justice équitable venait d'être rendue. Ils ont souligné le contraste avec les habitants de Kasenga qui avaient volontairement démoli leurs maisons pour permettre l'avancement des travaux de construction de la route nationale Nº5, reliant le rond-point Kavimvira au port Kalundu.

La Nouvelle Société Civile Congolaise a également salué cette initiative, appelant les autorités à débloquer des fonds pour faciliter la désinstallation des infrastructures de la SNEL et de la REGIDESO, afin d'accélérer les travaux de construction de la RN5.

Cependant, d'autres voix se sont élevées pour condamner ce qu'elles qualifient de destruction arbitraire des maisons de citoyens paisibles. Ces critiques invitent les propriétaires à demander des dommages et intérêts à l'État congolais, arguant que nombreux d'entre eux possèdent des documents légaux prouvant leur droit de propriété. 

Un défenseur judiciaire, sous couvert d'anonymat, a déclaré : « Les propriétaires de ces maisons ont occupé ces bâtiments pendant plusieurs années. Beaucoup détiennent des documents légaux leur conférant le droit d'occuper ces concessions. On ne peut pas fragiliser ces propriétaires, ils doivent être indemnisés. »

Cette démolition reflète un conflit plus large entre les besoins de développement infrastructurel et les droits de propriété des citoyens. Tandis que les travaux de la route nationale Nº5 progressent, la question des compensations et des droits des propriétaires reste en suspens, suscitant débats et tensions au sein de la communauté d'Uvira.

La Rédaction.


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