Discours de haine au Sud-Kivu : quand les mots deviennent des armes.

Published on Thursday 28 August 2025 - 23:56

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Dans plusieurs territoire et villes du Sud-Kivu, le discours de haine continue d’alimenter les tensions communautaires et de fragiliser la cohésion sociale. Sur les réseaux sociaux, dans certains débats publics et parfois même dans les conversations quotidiennes, les généralisations et accusations collectives contribuent à exacerber les divisions.

Pour le spécialiste en résolution des conflits, Professeur Doudou Mikingi, le danger est réel : « Les violences commencent rarement par les armes. Elles commencent par les mots, les rumeurs et les stigmatisations. »

Le coordinateur de la SOCICO-RDC, Kelvin Bwija, souligne quant à lui la responsabilité des acteurs sociaux : « Les leaders communautaires, les médias et les organisations doivent agir ensemble pour déconstruire les stéréotypes et promouvoir un langage responsable. »

Le phénomène du discours de haine s’explique par plusieurs facteurs : la peur liée à l’insécurité, le manque d’informations fiables et la manipulation politique des identités. Dans un contexte fragile, ces discours trouvent un terrain fertile et peuvent rapidement provoquer des tensions ou des violences locales. Cependant, des initiatives émergent pour contrer cette dynamique. Des programmes radiophoniques interactifs, des formations en éducation aux médias et des campagnes de sensibilisation encouragent progressivement un changement de comportement.

Pour l'expert en paix et résolution pacifique des conflits, lutter contre le discours de haine ne consiste pas seulement à condamner les propos discriminatoires. Il s’agit aussi de proposer des récits alternatifs, de valoriser les exemples de coexistence pacifique et de renforcer la culture du débat respectueux. Selon lui, si cette approche est poursuivie, elle pourrait contribuer à réduire les tensions et à renforcer la stabilité sociale dans la province.

Article produit dans le cadre du projet « Appui médiatique au renforcement de la démocratie, de la participation citoyenne et de prévention des conflits dans la province du Sud-Kivu »,
mis en œuvre par SYMUF‑Maison de la presse avec l’appui de la Coopération suisse.


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