Lutte contre le tribalisme et la haine à Uvira : le projet « Pamoja kwa Mabadiliko » facilite un cadre d’échange inclusif.
Published on Saturday 16 November 2024 - 17:27
Le groupe des jeunes et femmes de la commune de Mulongwe, appuyé par la Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP-UVIRA) dans le cadre du projet « Pamoja kwa Mabadiliko » financé par l'ONG CAFOD, a organisé un important cadre d’échange communautaire ce 16 novembre 2024 à l’hôtel Amissi situé à Kakungwe, dans le quartier Rombe1, commune de Mulongwe.
L’activité a rassemblé divers acteurs locaux : représentants des sociétés civiles, confessions religieuses, cadres de base, tribus locales, comités locaux de développement et administrateurs des groupes WhatsApp d’Uvira. L’objectif central était de réfléchir sur les causes du tribalisme et de la propagation des discours de haine, particulièrement sur les réseaux sociaux, et d’identifier des pistes de solutions pour renforcer la cohésion sociale.
Dans son mot introductif, Mustapha Amisi Issa, point focal du groupe, a présenté une analyse approfondie du phénomène du tribalisme à Uvira. Il a expliqué que ce fléau est alimenté par les groupes des jeunes de mutualités ethniques, les politiciens, certains acteurs religieux et la mauvaise utilisation des réseaux sociaux, notamment les groupes WhatsApp.
Les échanges ont permis aux représentants présents de partager leurs expériences et approches face au tribalisme : La Jeunesse Shikama (Banyamulenge), la Jeunesse des Bavira et la Solidarité des Jeunes Fuliiru ont souligné l’absence de conflits majeurs entre leurs communautés, mais ont pointé
du doigt des causes sous-jacentes comme le chômage, les manipulations politiciennes et les querelles de terre qui selon eux seraient à la base des mésententes.
La Nouvelle Société Civile Congolaise du quartier Rombe1 a témoigné de ses efforts pour promouvoir le dialogue entre les parties en conflit, optant pour des résolutions pacifiques. Les représentants des confessions religieuses, tant chrétiennes que musulmanes, ont rappelé que leurs doctrines prônent l’amour, l’unité et la paix. Ils ont insisté sur la méritocratie dans la nomination des leaders religieux, indépendamment de l’appartenance tribale.
Les administrateurs des groupes WhatsApp, notamment Actualité Uvira et Amka Tujenge, ont expliqué leur stratégie stricte : exclusion des membres publiant des messages haineux et sensibilisation sur les bonnes pratiques numériques.
Les participants ont unanimement recommandé : « La poursuite des dialogues communautaires pour désamorcer les tensions, la création d’emplois pour réduire les frustrations des jeunes souvent manipulés à des fins politiciennes, la formation des administrateurs de groupes WhatsApp sur la gestion des plateformes numériques, pour limiter les dérapages et promouvoir des échanges constructifs. »
Dans une interview accordée à AVERTICOM, Mr. Prospère Bashengezi, secrétaire du groupe des jeunes et femmes de Mulongwe, a exprimé sa satisfaction quant au déroulement des échanges. Selon lui, cette activité s’inscrit dans une démarche globale visant à changer les mentalités pour bâtir une société pacifique et orientée vers le développement.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une première activité de sensibilisation des cadres de base sur la cohésion sociale, qui avait débouché sur des recommandations concrètes pour l’organisation de ce second cadre d’échange. Les participants ont salué cette approche participative, la considérant comme une avancée significative dans la lutte contre le tribalisme à Uvira.
À travers « Pamoja kwa Mabadiliko », la CDJP-UVIRA et ses partenaires démontrent que le dialogue et l’éducation à la paix peuvent transformer les conflits latents en opportunités de développement et de collaboration communautaire.
La Rédaction.
Les Articles Recents
Publié le 04/02/2026 - 09:29
Publié le 03/02/2026 - 18:50
Uvira : MICHE-asbl forme des femmes leaders communautaires sur la paix et la cohésion sociale.
Publié le 03/02/2026 - 17:52
Publié le 29/01/2026 - 21:54
Publié le 29/01/2026 - 21:35
