Sud-Kivu : Un hippopotame abattu à Kabimba, des réactions partagées entre sécurité et protection de la faune.
Published on Saturday 30 November 2024 - 20:49
La nuit du vendredi 29 au samedi 30 novembre 2024, un hippopotame a été abattu par des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) à Kabimba, dans le groupement de Kalungwe, dans la chefferie de Bavira, territoire d’Uvira au Sud-Kivu. Selon des témoins sur place, ce pachyderme aurait tenté d'attaquer une position militaire, poussant les soldats à réagir en légitime défense.
Le porte-parole des FARDC, le lieutenant Marc Elongo, a confirmé cet incident au cours d’un échange téléphonique. « Oui, c’est contraire à la loi, car il s’agit d’une espèce protégée. Mais en cas d’autodéfense, c’est acceptable. Ces derniers se sont juste défendus face à l’attaque de l’animal », a-t-il précisé, soulignant que l'abattage n'était pas intentionnel.
Ce point de vue n’est pas partagé par certains environnementalistes, qui dénoncent une atteinte grave à la biodiversité. Ils rappellent que l’hippopotame fait partie des espèces protégées en vertu de la loi sur la conservation de la nature en RDC.
Ces militants appellent à une enquête judiciaire pour déterminer les circonstances exactes de la mort de l’animal et réclament que les responsables soient poursuivis en justice.
« Un hippopotame ne devrait pas être abattu comme une chèvre. Ces espèces jouent un rôle crucial dans l’écosystème aquatique. La justice doit s’assurer que de telles actions ne deviennent pas une habitude », a déclaré un environnementaliste basé à Bukavu.
Cependant, au sein de la population locale, le sentiment général est différent. De nombreux riverains saluent l’action des FARDC, estimant qu’elle contribue à leur sécurité.
Selon un représentant de la société civile de Kabimba, les hippopotames constituent une menace pour les habitants vivant près des cours d’eau. « Ces animaux causent d’énormes dégâts, et plusieurs pêcheurs, enfants et adultes ont perdu la vie à cause de leurs attaques », a-t-il affirmé.
Certains habitants appellent même les autorités à prendre des mesures plus drastiques pour limiter la présence des hippopotames dans les zones habitées. Cet incident relance le débat sur l’équilibre entre la protection de la faune et la sécurité des populations. Alors que la RDC s’efforce de préserver sa riche biodiversité, les conflits homme-faune restent un déf
majeur, notamment dans les zones rurales où les communautés vivent au contact direct des animaux sauvages.
Pour l’heure, il revient aux autorités compétentes de trancher sur cette affaire, tout en renforçant la sensibilisation sur la coexistence pacifique entre les humains et les animaux sauvages. Une enquête pourrait clarifier les responsabilités et éviter que des situations similaires ne se reproduisent.
La Rédaction.
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