Uvira : L'UFMP s'attaquent aux coutumes néfastes pour promouvoir l'égalité des genres.

Published on Friday 11 October 2024 - 12:40

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Les jeunes et femmes leaders, les représentants d'organisations locales, confessions religieuses, services de sécurité et délégués de chefs coutumiers se sont réunis ce jeudi 10 octobre 2024 pour identifier les normes et coutumes néfastes freinant l'épanouissement des filles et des femmes. 

Cet atelier, organisé par l'Union des Femmes de Médias pour la Paix (UFMP asbl) dans la salle de la PNC-Uvira, s'inscrit dans le cadre de l'initiative « Briser les coutumes rétrogrades pour une sécurité inclusive » soutenue par Search For Common Ground à travers son programme « WIN ».

Lors de son allocution, Joséphine Mungubi, Coordinatrice de l'UFMP, a souligné l'importance de cette démarche pour faire avancer l'égalité des genres dans la région. « Nous voulons contribuer à mettre fin aux pratiques rétrogrades qui maintiennent les femmes dans une position d'infériorité.

Il est temps que ces normes changent pour garantir l'inclusion et l'épanouissement de toutes les femmes, » a-t-elle déclaré.

Les participants ont relevé plusieurs pratiques qui perpétuent l'inégalité des genres. Parmi elles figurent la violence et le viol des filles mineures lors de l'intronisation des chefs coutumiers, la non-participation des femmes aux discussions matrimoniales, leur exclusion des postes stratégiques au sein des chefferies, ainsi que des interdictions telles que la consommation des gésiers du coq par les femmes. 

D'autres pratiques néfastes incluent la priorisation de l’éducation des garçons sur celle des filles et l'interdiction pour les filles d'hériter.

Les causes de la persistance de ces normes sont nombreuses selon les participants réunis en groupe de carrefour : la faible implication des leaders communautaires et coutumiers, une mauvaise compréhension de la dot, l'absence de mesures d'accompagnement pour l'autonomisation des femmes, ainsi que l’égoïsme des hommes. 

La mauvaise interprétation des concepts de parité et de genre et la faible vulgarisation des lois et des instruments internationaux ont également été pointées du doigt.

Pour combattre ces normes et favoriser l'épanouissement des femmes, les participants ont proposé des plaidoyers, des formations et des campagnes de sensibilisation à destination des autorités coutumières et politico-administratives, des jeunes, des femmes et des leaders communautaires. 

La promotion de la masculinité positive, ainsi que l'éducation des enfants dès le plus jeune âge sur l'égalité et l'équité, ont également été identifiées comme des leviers essentiels pour un changement durable.

Kapenda Kifara Kiky, maire adjoint de la ville d'Uvira, a salué cette initiative et a encouragé une collaboration entre les acteurs locaux et les autorités pour mettre en place des mesures concrètes visant à abroger ces pratiques coutumières néfastes. 

« Ensemble, nous devons travailler à l'émancipation des femmes, non seulement dans le Sud-Kivu, mais à travers toute la RDC. Les coutumes ne doivent plus être un obstacle au développement de nos filles et de nos femmes, » a-t-il affirmé.

L'activité a été facilitée par le Professeur Kitoka Moke, qui, avant d'identifier avec les participants les normes néfastes, a fait l'état de lieu des coutumes rétrogrades et des normes sociales persistant à Uvira et ses conséquences sur l'épanouissement de la femme et de la jeune fille.

Cet atelier marque un pas significatif dans la lutte pour l'égalité des genres à Uvira, mais les défis restent nombreux. Toutefois, avec l'engagement des autorités locales et des leaders communautaires, il est possible de faire évoluer les mentalités et de créer un environnement plus juste et inclusif pour toutes les femmes.

La Rédaction.


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