Commémoration du 23e anniversaire de massacre de Katogota : la population locale réclame la justice transitionnelle.

Published on Tuesday 16 May 2023 - 11:15

Si vous avez aimé cet article, merci de le partager avec vos proches responsables.
Facebook share link Email share link LinkedIn share link Twitter share link Twitter share link Twitter share link Twitter share link

...

La population locale de Katogota en territoire d'Uvira demande l'instauration de la Justice transitionnelle pour découvrir la vérité sur le massacre perpétré depuis le 14 mai 2000 dans cette partie de la province du Sud-Kivu.

Les leaders locaux et acteurs de la société civile ont fait cette déclaration dimanche 14 mai 2023 à l'occasion de la commémoration du 23e anniversaire de massacre de Katogota en territoire d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu.

D'après les informations de la Radio Rurale de Sange, les habitants de Katogota regrettent que 23 ans déjà passés, les auteurs de massacre circulent librement dans le pays sans être inquiété par la Justice Congolaise. Ils appellent l'État Congolais à poursuivre les auteurs physiques, matériels et intellectuels de ce massacre pour soulager la population et réparer les dégâts.

Selon les dires de Mulala Ngwasi Delphin leader local de Katogota cité par la Radio Rurale de Sange, les vrais auteurs de ce massacre sont connus et circulent librement sans être inquiété par l'État Congolais. Il réclame l'instauration d'une justice transitionnelle dans cette entité, pour l'organisation d'une audience publique, afin d'éclairer la lanterne de la population locale sur ce massacre longtemps oublié. 

« En tant que population de Katogota, nous sommes beaucoup consterné par cette situation, parce qu'il fait déjà 23 ans depuis que plus de 375 personnes soient massacrées ici chez nous, mais rien n'a été fait. Après ce massacre, aucune enquête n'a été faite, aucune décente sur terrain de la part du gouvernement. Nous nous demandions si ce sont des vaches qui avaient été tuées ou quoi. C'est inexplicable que 375 personnes soient tuées et qu'aucune vérité ne soit connue. » regrette Mulala Ngwasi Delphin.

D'autres notables du milieu croient à la justice transitionnelle pour que les droits reconnus aux victimes par la justice soient respectés. Il s'agit de droit à la vérité, droit à la justice, droit à la réparation et la garantie de non répétition.

Les mêmes sources ajoutent que la Justice transitionnelle permettra à la population locale de participer au procès pour connaître la vérité sur le massacre, la réparation et les réformes administratives.

« Nous demandons qu'il y ait l'installation de la justice transitionnelle à Katogota. À travers cette justice, nous allons découvrir la vérité, connaître qui a fait quoi, quand, où pourquoi et comment. » ont laissé entendre plusieurs notables contactés par ACTUALITEUVIRA.NET.

Revivez le massacre à travers cet article de Benjamin Babunga.

Ce jour-là, 14 mai comme aujourd'hui, mais en 2000, sous la rébellion du RCD-Goma, des éléments de l’Armée Nationale Congolaise (la branche armée du RCD-Goma) tuent plusieurs dizaines de civils dans le village de Katogota, situé à 70km de la ville d'Uvira, dans le territoire d’Uvira.

Ce sont au moins 300 personnes qui sont tuées par balles ou à la machette, et d'autres brûlés vifs lorsque les militaires incendient leurs maisons. Ce massacre avait été commis à la suite de la mort d’un commandant du RCD-Goma, dans une embuscade attribuée aux éléments de la coalition des rebelles burundais et des Maï-Maï.

Le commandant Rugazura, sur son chemin retour vers Katogota, en provenance du village voisin de Lubarika, est tué par balle dans la cabine de la camionnette d'un commerçant qui transportait des civils et 5 militaires de son escorte. Le directeur de l'école primaire de Lubarika, assis à ses côtés, est grièvement blessé. Aussitôt après avoir commis ce forfait, les assaillants se dispersent dans la brousse pendant que la camionnette poursuit sa course vers Uvira, avec le mort et le blessé.

Environ 2 heures plus tard, un camion des militaires du RCD-Goma arrive sur place, à Katogota. Apres avoir bloqué tout trafic routier du côté de Kamanyola et de Luvungi, ils déclenchent une terrible opération de représailles qui se poursuivra jusqu'à 5h du matin le lendemain. Les militaires du RCD-Goma vont alors se mettre à tuer les villageois maison par maison, selon les survivants.

Ils vont tuer, sans distinction, hommes, femmes et enfants. Les cadavres des victimes sont enterrés à la hâte, mais le plus grand nombre est trainé vers la rivière Rusizi, et jeté à l'eau. Au lendemain de ce massacre, le RCD-Goma avait démenti être impliqué dans le carnage de Katogota, mais avait interdit l’accès au village pendant plusieurs jours.

La Rédaction


Merci de laisser un commentaire