Entre le téléphone et la vie, le choix est clair à Uvira.

Published on Saturday 07 February 2026 - 18:50

Si vous avez aimé cet article, merci de le partager avec vos proches responsables.
Facebook share link Email share link LinkedIn share link Twitter share link Twitter share link Twitter share link Twitter share link

...

À Uvira, la nuit n’est plus seulement un moment de repos. Elle est devenue une épreuve, parfois un verdict. Ces derniers jours, la situation sécuritaire dans la ville se dégrade dangereusement, laissant derrière elle peur, deuil et incompréhension.

Des cas de pillages commis par des hommes en uniforme et armés, ainsi que des tueries, sont signalés dans plusieurs quartiers. Cette spirale de violence est largement alimentée par la circulation illégale des armes légères dans la ville. Entre 18h, 19h et 20h, une tranche horaire pourtant banale, des civils sont ciblés, dépouillés de leurs téléphones et parfois de leur vie.

Le scénario est devenu tristement répétitif : des citoyens rentrant du travail ou sortant acheter des unités ou des mégas croisent des hommes armés dans la rue. Ces derniers exigent des objets de valeur, principalement des téléphones Android ou de l’argent. Lorsque la victime refuse ou hésite, la sentence est immédiate : une balle à bout portant. Le téléphone devient alors plus précieux que la vie humaine. 

Parfois même, l’agresseur s’enfuit sans l’objet convoité, laissant derrière lui un corps sans vie. Aujourd’hui, à Uvira, le dilemme imposé aux civils est cruel mais réel : le téléphone ou la vie. Et face à cette barbarie, le choix doit être clair. Aucun objet, aussi coûteux soit-il, ne vaut une existence humaine. 

La vie est sacrée. Malheureusement, ceux qui tuent pour un téléphone n’en reconnaissent pas la valeur. Ils ne voient dans l’homme qu’un obstacle entre eux et un bien matériel. Cet éditorial n’est ni une résignation ni une banalisation du crime. Il est un cri d’alerte et un message de survie. En attendant que l’État rétablisse pleinement la sécurité et que les auteurs de ces crimes soient identifiés et punis, la population doit redoubler de prudence. 

Face aux bandits armés, discuter ou résister peut coûter la vie. Donner ce qu’ils exigent, aussi injuste et révoltant que cela soit, peut parfois sauver une existence. Uvira saigne. Mais elle ne doit pas continuer à enterrer ses fils et ses filles pour des téléphones. 

Protéger la vie aujourd’hui, c’est aussi refuser que l’absurde devienne la norme. Entre le téléphone et la vie, le choix est, et doit rester clair.

Kefa Karago Placide éditorialiste.


Merci de laisser un commentaire